La probabilité de transition électrique réduite entre l'état fondamental 0+ d'un noyau pair-pair et son premier état 2+ excité (B(E2: 0+ -> 2+) notée B(E2)^) est très sensible à la structure des couches de valence des nucléons. Le lien entre la différence de comportement des B(E2)^ autour de N=40 entre les isotopes de Nickel et ceux de Zinc et une fermeture de sous-couche neutron à 40 est une des questions actuelles de la physique des noyaux exotiques.
Récemment, deux expériences concernant les B(E2)^ des isotopes de Nickel et de Zinc lourds ont été réalisées, l'une au GANIL, l'autre à Isolde, et deux papiers théoriques ont été publiés mais qui ne concernent que les B(E2)^ des Nickel. Pourtant, nous verrons que la courbe des isotopes de Nickel possède quelques points communs avec celles des noyaux voisins (Zinc, Germanium et Sélénium) que l'hypothèse d'une fermeture de sous-couche neutrons à 40 ne permet pas d'expliquer.
Dans une démarche phénoménologique nous avons confronté les courbes expérimentales à des courbes calculées en tenant compte de ces points communs. Les calculs ont été effectués dans le cadre de la séniorité - modèle pour la prise en compte des corrélations d'appariement - qui conduit à une expression très simple des B(E2)^. Je montrerai comment la confrontation pour les noyaux ayant N et/ou Z voisins de 40 des courbes de B(E2)^ expérimentales et calculées, suggère un scénario pour l'évolution des B(E2)^ sur toute la région faisant intervenir l'interaction p-n.