Les premières « machines atomiques » françaises reviennent dans l’actualité à l’occasion de l’exposition « Doisneau chez les Joliot-Curie »*. A cette occasion, c’est à un parcours dans l’instrumentation en physique atomique, de Pierre et Marie Curie à Irène et Frédéric Joliot-Curie, en passant par Ernest Lawrence, que je vous invite.
Jusqu’en 1932, les seules sources suffisamment énergétiques pour provoquer la désintégration du noyau atomique restaient les radioéléments « naturels » et leurs dérivés, séparés et concentrés par des méthodes chimiques, et la mesure précise de la radioactivité jouait dans ces opérations un rôle décisif. Or, si la figure de Marie Curie est mondialement connue, on connaît souvent moins bien la technique, fondée sur l’association du quartz piézoélectrique et de l’électromètre, grâce à laquelle elle pouvait « peser » la radioactivité, qui lui a permis d’isoler polonium et radium en 1898, et qui a ensuite constitué l’originalité de son laboratoire pendant plus de trente ans. La reconstitution de l’expérience, ainsi que l’étude des carnets de laboratoire, nous ont permis de faire revivre certains aspects de ce travail expérimental.
Le développement de générateurs permettant de dépasser le million de volts, puis de cyclotrons de plus en plus grands, conduisirent ensuite à la possibilité d’accélérer des particules à des énergies comparables à celles produites par les radioéléments. Ce fut une révolution dans la taille des installations, les moyens mis en œuvre, et les méthodes de travail, que certains appelleront plus tard l’avènement de la « Big Science », et dont je présenterai les premières étapes, de Berkeley au Collège de France.annonce complète du séminaire